Ressources publics en situation de handicap

Utilisation d’eva pour les publics en situation de handicap

Témoignages d’utilisateurs :

Découvrez quelques usages d’eva par des professionels qui accompagnent le public en situation de handicap

ESAT- Adapei Pro Vesoul – Grand Est

💡 Passations en mini groupe
💡 Handicaps déficiences intellectuelles et troubles psychiques
💡 Remédiation via le contrat d’aide par le travail

L’adhésion des travailleurs avec l’outil est bonne

Samuel Guyet

  • Éducateur technique spécialisé

Je suis éducateur technique spécialisé au sein de l’ESAT, animateur de formation. J’accompagne les travailleurs de l’ESAT dans le développement des habiletés nécessaires, tant dans leurs projets professionnels que non professionnels. 

Notre public se compose de personnes de 18 à 62 ans, essentiellement avec des déficiences intellectuelles et des troubles psychiques. 

Lorsque j’ai pris mes fonctions, mon prédécesseur était très sensibilisé au sujet de l’accompagnement autour de la lecture et des apprentissages de base sur ce sujet, ce qui m’a amené à m’y intéresser. Avec ma collègue psychologue, nous avons commencé par concevoir un outil maison. J’ai ensuite découvert evacob que j’ai commencé à utiliser, qui est ensuite devenu eva sur la partie positionnement.  
Nous avons commencé à pleinement utiliser ce positionnement lorsque les travailleurs avaient le besoin de passer le CACES. Nous avons commencé avec cette porte d’entrée puis petit à petit nous avons trouvé que c’était finalement pertinent de faire passer le diagnostic d’eva à tout le monde, incluant les compétences transversales. Cela nous permet de mieux comprendre leurs difficultés, et de mieux les accompagner dans leurs projets de formation ou pour les stages qu’ils souhaitent réaliser. À ce jour, plus de 90 travailleurs de notre ESAT ont passé eva, dont une 50taine pour les CACES, et il y a au final sur notre établissement, environ 230 travailleurs auprès de qui l’outil va être mobiliser. 

Concernant les passations, je les organise en mini groupe de 2 à 3 travailleurs, sur un ordinateur avec un casque. Je guide au démarrage, je suis présent, j’observe, mais je n’interviens pas pendant la passation. S’ils rencontrent des difficultés importantes que ce soit avec l’informatique ou bien avec la lecture, je ne les laisse pas trop longtemps en difficulté ce n’est pas le but. Dans la mesure où j’ai observé la passation, leurs facilités ou difficultés, j’ai alors beaucoup de nombreux éléments pour permettre d’envisager une suite pour les accompagner.  

L’adhésion des travailleurs avec l’outil est bonne, je n’ai pas de difficultés particulières globalement ils vont au bout et apprécient l’expérience.  

Après la passation je cartographie leurs compétences (les compétences de base et aussi les compétences transversales), j’échange avec la direction sur les forces et les faiblesses des personnes, les actions que nous pouvons leur proposer. Ensuite j’organise un entretien individuel pour échanger avec eux sur cette cartographie, leurs envies et leurs besoins etc.  

Par exemple, j’ai une personne qui m’a fait une demande spécifique pour pouvoir lire les étiquettes sur les produits d’entretien, nous avons fait le diagnostic et avons pu mettre en place des solutions comme des aides à la vocalisation. Il y a aussi des travailleurs qui demandent à monter en compétences sur les savoirs de base, par exemple des mamans qui souhaitent accompagner leurs enfants dans les devoirs. 

Dans le cadre de leur contrat d’aide par le travail, ils disposent de 2h sur leur temps de travail qui peuvent être consacré au soutien professionnel, donc c’est tout à fait possible pour eux de suivre une formation. Cependant, ces deux dernières années, l’ensemble des dispositifs proposés par les associations pour accompagner à la lecture et écriture n’était plus disponible pour les personnes en situation de handicap, donc j’étais un peu bloqué sur la partie remobilisation. La situation semble évoluer et j’espère que les travailleurs qui le souhaitent pourront à nouveau être accompagnés.  

ESAT de la Plaine en Aveyron- Occitanie

💡 Handicap avec troubles psychiques
💡 Hétérogénéité des niveaux en compétences de base
💡 Passations en mini groupe pour tous les travailleurs

Eva me sert pour individualiser les temps
individuels

Isabelle Bouix

    Je suis formatrice à l’ESAT « Les ateliers de la plaine en Aveyron », où nous accompagnons 74 ouvriers. Les travailleurs sont essentiellement des personnes avec des troubles psychiques. On retrouve essentiellement (pour les plus de 50 ans) des personnes avec des déficiences intellectuelles et quelques maladies psychiatriques. Pour les plus jeunes, on constate une modification générationnelle, nous avons des TDAH et des TSA sans déficience mais avec des symptômes trop invalidants pour travailler dans le milieu ordinaire.

     Certains de nos ouvriers ont travaillé en milieu ordinaire avant un épisode de décompensation (AVC,  burnout ou dépressions, conduites addictives) qui les a menés à une reconnaissance RQTH. 

    Nous avons donc un public avec une diversité de niveau très importante, environ 10% à 20% des travailleurs rencontrent des difficultés très importantes avec les savoirs de base en français et en maths (proches de l’illettrisme), alors que nous avons 3 ou 4 travailleurs qui ont des diplômes d’ingénieur.   

    J’ai été recrutée à ce poste il y a trois ans environ, après que la loi plein emploi a concrétisé la loi de transformation des ESAT. Dans ce cadre règlementaire, il y a un temps obligatoire de 10% du temps de travail pour les compétences professionnelles ou le socle de base. Cela représente 3,5h par semaine sur un contrat de 35h.
    Avec ma direction, nous avons redéfini les temps de formation, en passant de 4h à 2h hebdomadaires, ce qui nous semblait plus adapté. Ainsi, ces deux heures sont aujourd’hui réparties entre un temps collectif par thématique et un temps consacré aux besoins individuels en littératie et numératie. Les 1,5h restantes sont dédiées aux compétences professionnelles qui sont regroupées dans un atelier d’une semaine par an.    

    C’est dans ce contexte et afin de mieux cibler les niveaux et les besoins réels pour ces nouveaux temps de formation que j’ai fait passer eva à l’ensemble des ouvriers par groupes de 3 ou 4 personnes.  

    Eva me sert sur la partie individuelle en plus des besoins que les travailleurs me remontent lors d’entretiens individuels. Il n’y a pas de problèmes majeurs pour les passations sur l’ordinateur, je reste à côté pour les soutenir, mais c’est globalement rare que les personnes soient coincées.   

    Pour la restitution, je leur présente très rapidement les compétences de base pour les informer mais je ne m’y attarde pas. C’est mon travail en tant que formatrice de transformer cette matière en concret pour eux dans les formations hebdomadaires. Je m’attarde davantage avec eux sur les compétences transversales où je vais expliciter les termes, rentrer dans les métiers. Même si la majorité des travailleurs restent avec nous toute leur vie professionnelle, je leur cite les métiers car l’ESAT peut aussi être pour quelques-uns transitoire. Par ailleurs, la loi des ESAT vise à ouvrir les portes aux personnes en situation de handicap au milieu ordinaire. De ce fait, j’aime bien utiliser eva comme un outil qui présente des orientations possibles, c’est une base d’échange sur les métiers en fonction de leurs compétences et de leurs intérêts.